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Cali,
"J'emmerde la sagesse !"

Cali était à Strasbourg pour un concert au Festival des Artefacts, où la rédaction de Notulus a eu le plaisir de rencontrer cet artiste généreux, sincère, combatif et décidé plus que jamais à croquer la vie.

Ce 4ème album est bien plus rock que les précédents et ressemble à un feu d'artifice sentimental et musical. Il respire la spontanéité. Dans quel état d'esprit l'avez-vous composé ?

Pour une fois depuis très longtemps, après la tournée acoustique, j'ai eu un temps libre assez conséquent et je commençais à tourner en rond parce que j'aime bien être sur la route. Et une chanson, "Madame Butterfly", est arrivée, suivie de plein d'autres. A partir de là, j'ai rapidement appelé ma maison de disques pour leur dire "voilà, j'ai tout ça qui arrive et j'aimerais bien en faire quelque chose". Ils m'ont dit "OK", m'ont donné une date de sortie d'album, le tourneur m'a dit que la tournée commencerait à une certaine date, ce qui était super puisque c'était l'année d'après. A partir de là, j'ai voulu prendre un plaisir fou, autant qu'en concert. J'ai demandé à Geoffrey Burton , qui joue avec moi en concert, de venir réaliser le disque. Et dans une petite pièce chez moi, près de Rivesalt, on a cassé des murs pour faire notre propre studio. Avec les musiciens, on a fait beaucoup de lives. Cet album a été fait dans l'euphorie, la gaîté et la joie, vraiment. Parce que les premiers albums, dont je suis fiers, étaient très chirurgicaux : on faisait d'abord la batterie, les basses... Quand tout était parfait, on collait tout. Pas cette fois-là car la manière de travailler de Geoffrey c'est "s'il y a des erreurs, eh bien tant mieux, c'est ce qui fera le charme du disque !".

Avec cet album vous avez réussi à trouver l'équilibre entre rock et hommage à Ferré. Mix osé mais très réussi. Comment vous est venue cette idée et que représente Ferré pour vous ?

Ferré pour moi, c'est le premier punk. Quand j'étais petit, mon papa me parlait de Ferré, qu'il avait vu en concert. Il se faisait cracher dessus et à la chanson d'après, les gens étaient debout et applaudissaient à tout rompre. Il n'y avait que lui pour véhiculer une telle émotion qui passe partout. Il y a des gens qui ont eu la chance d'être les contemporains de Beethoven, Bach... Et nous, on est les contemporains de Ferré et on ne s'en rend pas encore compte. Dans la musique, dans quelques siècles, on parlera de lui. Donc ça me touche beaucoup et c'est notre rôle à nous les chanteurs de dire pourquoi on est là, d'où on vient. Moi, je suis là parce qu'il y a eu Thiéfaine, Higelin, Lavilliers, Miossec, et ses gens-là sont là parce qu'il y a eu Léo Ferré. C'est important de le dire.

Dans vos albums, il y a toujours des personnages hauts en couleurs (Paula, Roberta, Cantona...). Sont-ils pour vous comme des super-héros ?

Ah, je n'avais jamais pensé à cette trilogie (rires) ! Oui, bien sur ! Que ce soit Roberta qui était le super héro de mon village parce qu'il faut juste imaginer à plus de 82 ans, tomber amoureuse d'un garçon de 30 ans, et vice et versa, refaire sa vie... Oui c'est mon héro ! Et Paula, d'une certaine manière aussi mais Cantona... Aujourd'hui c'est un ami, mais vraiment, j'ai toujours été fasciné par un personnage tellement public et qui ose montrer tous ses côtés, lumineux ou obscurs. Il a été élu meilleur joueur du siècle de Manchester United et à côté de ça, il s'est battu avec un supporter, il a insulté l'entraîneur de l'Equipe de France... Il a ses deux côtés et c'est pour ça qu'il est si proche des gens et qu'on l'aime tellement, c'est parce qu'il n'a pas peur de montrer ses failles et ses fissures. Il faut se méfier des gens qui sont trop lisses, trop parfaits, il ne faut pas les croire !
Et pour moi, Cantona est un message d'espoir parce qu'il est allé au plus haut dans le foot et il repart dans une carrière de théâtre et de cinéma et il va aller très loin. Ca signifie qu'on peut avoir plusieurs vies dans cette vie.

Vos quatre albums vous révèlent comme quelqu'un qui vit tout à fond, sans compromis, comme si chaque jour était le dernier. Ca doit être très fatigant. Où puisez-vous votre énergie ?

Oui, je confirme. J'essaie de sortir ça de ma tête mais n'y arrive pas. Je trouve ça tellement débile de voir comme on peut se prendre la tête pour les petites choses de la vie alors que si on se met un petit peu au-dessus, on voit l'absurdité et la brièveté de la vie. Ce n'est pas comme si on était sur qu'il a quelque chose après, comme si on pouvait en être sur... La vie, ce n'est pas une caisse d'épargne et il faut tout faire à fond, aimer à fond, s'amuser à fond, et la vivre. Oui, je prêche un petit peu ça mais c'est vrai que c'est fatigant, même pour les proches, les amis. Mais cette énergie ! Psychologiquement, je me dis que j'ai énormément de chance de vivre d'une passion et avec une passion qui m'accompagne tous les jours et me permet rencontrer des gens. Alors même quand je suis fatigué, je me dis "non, tu ne peux pas être fatigué. Tu as ce concert-là, tu vas rencontrer des gens" Je crois que c'est ça, oui... Et puis l'amour tout simplement, le fait d'être amoureux ou de me dire que je vais tomber amoureux. Là, ça me motive à fond !

Que représente l'amour pour vous ?

Tout (rires) ! On a plus ou moins de chance sur cette terre, on est plus ou moins bien loti mais je crois que quelque soit l'endroit où on vit, la flamme qu'est l'amour nous tient debout. Apparemment, on peut faire tomber des murs, grimper des choses, c'est important.

"17 ans, je tuerais pour tout ça, la jalousie..." La vie n'est elle pas belle à chaque âge ?

Oui, mais je crois qu'elle est belle parce qu'on a 17 ans à chaque âge et qu'on essaie de les retrouver. En tout cas moi, j'ai 42 ans mais pendant quelques secondes dans la journée, si je peux retrouver mes 17 ans, me remettre dans cette position où tout peut arriver... Encore une fois, je me souviens de cette falaise qui était devant nous, on était tout un groupe de 17, 15, 16 ans, et tout allait arriver : connaître l'amour pour la première fois et se demander "et après qu'est-ce qu'il se passe ?". Et c'est une éternité, c'est assez excitant. Alors aujourd'hui, le fait d'avoir vécu plein d'expériences, ça s'appelle la sagesse et moi j'emmerde la sagesse ! (rires). Je dis à tous ces jeunes "profitez !" mais pas style vieux con. J'ai fait une intervention dans lycée l'autre jour et j'avais envie d'être à leur place juste pour me dire que tout va arriver. Je suis heureux aujourd'hui mais cette période me manque.

Vous avez créé une association pour le droit des pères. Pouvez-vous nous en parler ?

Alors c'est plutôt une association pour le droit des enfants qui s'appelle "les papas = les mamans", dont je suis parrain. Ce qui me plait dans cette association, c'est que ce n'est pas un "S.O.S Papas" ou "S.O.S Mamans", pour l'un ou l'autre. C'est pour qu'en cas de déchirement, les enfants ne soient pas pris en otages parce qu'on sait que pour grandir correctement, vivre heureux et équilibré, l'enfant a besoin à égalité de son papa et de sa maman à ses côtés. Alors trouver les moyens, c'est compliqué. Mais c'est surtout une association où les gens répondent tous les jours parce que lorsqu'on est détruit par une séparation, qu'on soit quitté ou qu'on quitte, quand il y a des enfants au milieu, qu'un juge s'en mêle et décide que l'un ou l'autre aura la garde, alors la personne lésée, on a va dire oubliée... Moi je l'ai vécu, on peut en mourir, se foutre en l'air, démissionner, partir très loin... Il faut un entourage proche pour dire "la roue va tourner, tu n'es pas seul". De toute façon, la roue tourne toujours et l'enfant revient après, mais cette association me plait parce que justement, dans ces moments là, les gens qui appellent se sentent moins seuls.

Votre vie, les sentiments exprimés dans vos textes, vos combats... Tout ça ressemble à une gigantesque partie de rugby. Que vous a apporté ce sport et le pratiquez vous toujours ?

J'ai découvert ce sport quand j'étais tout petit à Vernet-lès-Bains. Il n'y avait qu'un sport proposé au village et les filles comme les garçons jouaient au rugby. Ca m'a apporté une deuxième famille depuis toujours parce que les entraineurs regroupaient tout le monde et il y avait toujours des gamins qui avaient des problèmes familiaux, des parents séparés. Et lorsqu'ils venaient à l'entraînement, c'était une seconde famille. Quand je revois aujourd'hui ces entraîneurs là, c'est comme si on ne s'était pas quitté. Pour moi le rugby, c'est l'école de la vie, du sacrifice, on se fait mal pour que l'autre ne se fasse pas mal et vice versa. C'est un exemple absolu et je souhaite à tous les parents de faire goûter ça à leurs enfants parce que jusqu'au plus haut niveau, maintenant c'est professionnel mais l'esprit n'a pas bougé puisqu'on n'a pas besoin de cars de CRS pour bloquer l'entrée des stades ! D'ailleurs, il y avait le ¼ de finale Toulon-Perpignan à Barcelone, je n'ai pas pu y aller car on jouait la veille mais les Toulonnais et les Perpignanais étaient les uns à côtés des autres, des tristes et des contents. Mais les tristes le sont pendant 10 minutes et après tout le monde s'embrasse et va faire la fête, la troisième mi-temps. J'ai vécu une victoire et une défaite au Stade de France, et pendant la victoire, on heureux et pendant la défaite, les mêmes supporters qui étaient tristes l'année précédente étaient heureux l'année d'après on a fait la fête. Et tout ça, c'est vraiment quelque chose de puissant. Donc oui, je continue le rugby, je suis entraineur, quand je suis là, d'une équipe de cadets chez moi. Ils s'appellent Millas.

Donc la catalogne à Barcelone, c'est un bel après-midi ?

C'est surtout un pari réussi parce que mobiliser tant de monde pour aller à Barcelone, ça a surtout intéressé les Barcelonais de voir un tel engouement : 55.000 personnes au stade de Montjuic... Ca va faire réfléchir les gens de Barcelone, c'est bien !

Avec les titres "Lettre au Ministre du Saccage..." et "Je n'attend que la revanche" vous dénoncez la politique gouvernementale. A un an des élections présidentielles, pensez-vous vous engager avec la même énergie qu'en 2007 ?

Alors je dénonce aujourd'hui, que ce soit, Hortefeux, Besson ou Guéant, ils essaient quand même d'imposer des programmes ou des lois qui sont copiés/collés du Front National ! A un moment donné, on ne parle plus de droite ou de gauche mais de gens qui souffrent et qui meurent. Il y a des enfants qui sont scolarisés depuis des années dans notre pays et que des policiers sont obligés d'aller chercher afin de les enfermer dans des centres de rétention pour "étrangers à la République" comme ils disent, ou alors de les envoyer en avion dans des pays en guerre qu'ils ne connaissent même pas. Tout ça, c'est juste insupportable ! Ce qui me dérange énormément, c'est que tout ça n'est qu'un jeu politique, pour garder dans leur giron des gens qui sont susceptibles de partir au FN. C'est un jeu très dangereux, ignoble et indigne. Aujourd'hui, on stigmatise sans cesse les étrangers, et tout ça, même cette histoire de voile, vu comme c'est placé, c'est de l'islamophobie. Après, en faisant cet amalgame entre l'étranger et l'insécurité, on ne peut qu'attiser les peurs.
Pour la chanson de La Revanche, je me suis mis à la place d'un employé d'usine qui rentre chez lui tous les jours tard le soir et qui se lève tôt le matin pour ramener un salaire de misère. Et cet homme-là, il est convoqué un jour avec tous les hommes de lâusine et le chef leur dit "je voulais d'abord vous remercier parce que vous avez multiplié par trois les bénéfices de l'usine, bravo ! Mais on n'a plus besoin de vous, vous êtes licenciés". Alors je me suis mis à sa place et je dis : "ça me ferait du bien de lui mettre ma main dans sa sale figure".
Pour l'engagement politique, je me suis engagé fortement contre quelqu'un qui non seulement n'est pas à la hauteur mais surtout qui est dangereux pour notre pays. Donc je me suis engagé auprès du candidat de gauche choisi à l'époque, Ségolène Royal, parce que je suis profondément de gauche. Quant à la prochainement, ce qui me gène vraiment, c'est que c'est une guerre d'égos. Alors se battre pour un programme qui me fait rêver ou espérer, oui mais pour l'instant... J'attends de voir.

Quel regard avez-vous sur ce qui ce passe actuellement dans le monde et plus précisément sur le continent africain ?

Je suis très attentif, comme tout le monde, à ce qui se passe en Tunisie, Algérie, Lybie... Quoiqu'il arrive, c'est quand même un élan d'espoir. Il y a des gens qui critiquent parce qu'on a renversé "le roi". Et ce roi, ces gens renversés, ne parlaient pas des citoyens de leur pays mais de leurs sujets. Mais il faudra des années pour que tout se mette en place et c'est bon signe. On ne peut que s'en réjouir. Quant à la Lybie, évidement c'est compliqué, il ne faut pas lâcher le peuple. Et si c'est Kadhafi ou ses proches qui restent là, ce sera une guerre perdue. Donc il faut aller jusqu'au bout. Après, ce qui est dingue, c'est qu'il a moins de deux ans, on recevait Kadhafi sur le tapis rouge à l'Elysée...
Pour le reste du continent africain, il ne faut pas laisser tomber les gens : le sida, c'est important d'en parler ; la dette du tiers-monde, il faut l'enrayer et repartir de zéro. Ce n'est pas démago ce que je dis, c'est important, je crois.

Pensez-vous trouver un jour la paix ou serez-vous un éternel écorché vif ?

La paix... Pour avoir la paix, il faut toujours être aux aguets et prêt à se battre. Mais c'est excitant de s'intéresser à la vie sociale du pays et à la vie politique du monde. Moi je n'ai pas un bagage politique absolu mais je me sens capable d'ouvrir les yeux et les oreilles pour voir ce qui se passe et donner mon avis sur tout. C'est important de ne pas baisser la tête et quelque soit la cause qu'on défend, on n'a pas à être des moutons. Si quelqu'un parmi nos dirigeants fait quelque chose de mal et qu'on le sens, il faut le dire et ne pas baisser la tête et dire "ben c'est comme ça, je ne suis qu'un petit chanteur, j'ai rien à dire". Moi, je me fous de perdre des auditeurs qui ne seraient pas de mon avis. Je préfère dire ce que j'ai au fond de mon ventre et je pense que mon grand-père, qui était dans les Brigades Internationales, et mon père seraient très fiers de moi, et m'en voudraient si je ne le faisais pas. Donc oui, je vais continuer et même si on nous met des bâtons dans les roues - je dis "nous" parce qu'on est toute une équipe, c'est tout une vie, des gens autour de moi. Nous avons les mêmes convictions, les mêmes opinions et je suis le porte-parole de cette famille-là. On en discute beaucoup ensemble et on est à la fois confiants et prêts à continuer à se battre.

Comment se déroule cette tournée ? L'ambiance y est-elle toujours aussi exaltée et votre public a-t-il bien répondu à l'appel ?

Oui pour l'instant on est ravi pour l'instant. Ce soir, c'est la onzième date, c'est un festival donc on ne jouer qu'une heure et demi, c'est un peu dommage... Mais jusque là, pour moi, j'ai la meilleure équipe du monde ! J'ai ce que je voulais depuis tout le temps, j'en rêvais. Joffrey Burton à la guitare et Philippe Entressangle à la batterie, ce sont quand même des gens adulés, très très très haut ! Et puis toute l'équipe... Alors je profite de ces moments-là qui ne vont durer que quelques mois. Et je suis tellement content quand après le concert, je vais sur internet lire les réactions et elles sont dithyrambiques ! Je sais qu'on donne tout et la récompense est là, les gens sont ravis. A ce niveau-là, je suis quelqu'un d'accompli.

Un petit mot pour les lecteurs de Notulus ?

C'est super important de donner une place aux artistes indépendants ou en développement parce qu'aujourd'hui, il existe un modèle économique qui est celui des grandes majors (j'en fais partie, je suis chez EMI) mais qui ne marche plus parce que beaucoup personnes ont voulu tirer beaucoup de profits du travail d'artistes. Aujourd'hui, internet est une chance énorme et il ne faut pas prendre ça comme un ennemi. Il permet à des groupes inconnus de poster des chansons qui sont des petits bijoux et de les faire écouter au monde entier. Alors si une communauté est représentée par un magazine, un site web, alors c'est important de se serrer les coudes et de se donner des combines pour avancer. D'ailleurs trois de mes musiciens, Joffrey, Sarah et Boris, ont formé un groupe Hongkongdong et ils vont sortir un EP. Je suis sur que c'est un groupe qui va révolutionner quelque chose dans le monde la musique. Il faut les écouter !


Retrouvez Cali en toujours en tournée http://www.myspace.com/brunocali


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